Wednesday, April 21, 2010

GEOPOLITIQUE TRANSSAHARIENNE DE L’ENERGIE Le jeu et l’enjeu ?


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GEOPOLITIQUE TRANSSAHARIENNE DE L’ENERGIE

Le jeu et l’enjeu ?

http://www.hoggar.org/index.php?option=com_docman&task=doc_download&gid=436&Itemid=28


Par Lagha CHEGROUCHE

Chercheur

· In Revue Géopolitique N°108, 2010

http://www.editionstechnip.com/F/revue_geopolitique_medias_pouvoirs_1693.asp

· In Revue de l’énergie N°593, 2010

http://www.editecom.com/index2.php?refRevue=RE

The geopolitics of energy exports from the trans-Saharan region are similar to the

Caspian ‘great game’ at the end of the last century. In North/West Africa as in

West/Central Asia, the question of control over hydrocarbon reserves and lines of access

to those reserves lies at the source of various conflicts. Rivalries are expressed through

open and complex conflicts in which powers confront one another over oil-rich zones

through proxy ethnic, religious or cultural groups, as dictated by the colossal economic

interests at stake. The increasing number of conflicts – the Niger Delta, Darfur, the

Azawak, etc. – is an illustration of this. The shock waves from this rivalry undermine

regional peace and security, as well as the security of international energy supplies. The

national oil companies and states of the region can but work around or through the

geopolitical rifts caused by local rivalries and extra-regional appetites. There is therefore

a need to understand the way in which the players in the trans-Saharan ‘great game’

interact with one another, and to identify the effects these interactions may have in the

field of energy, in terms of potential reserves and transport projects. The TSGP is

presented as an illustration of this geopolitical dynamic.

L. CHEGROUCHE 2010

GEOPOLITIQUE TRANSSAHARIENNE DE L’ENERGIE

Le jeu et l’enjeu ?

Par Lagha CHEGROUCHE

Chercheur

Lagha CHEGROUCHE est chercheur en Energie et Stratégie. Ingénieur et Docteur ès sciences

économiques. Il enseigne à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne. Il collabore également

avec des institutions internationales, en qualité d’expert en énergie. Membre du comité

scientifique de l’Institut du Monde Arabe à Paris. Auteur de nombreuses publications relatives à

l’énergie, à la géopolitique et à la prospective.

La géopolitique de l’approvisionnent énergétique à partir de la région

transsaharienne1 rappelle celle de la Caspienne2 à la fin du siècle dernier.

Comme pour cette région au coeur de l’Asie, la question du « contrôle global des

réverses d’hydrocarbures et des voies d’accès3 » est la matrice de différents

conflits. La rivalité prend la forme de conflits ouverts et complexes où des

puissances s’affrontent sur des zones pétrolifères, par groupes ethniques,

cultuels et (ou) culturels interposés, au gré de colossaux intérêts économiques et

énergétiques. La multiplication des conflits comme dans le Delta de Niger, le

Darfour ou l’Azawak4 est en l’illustration. L’onde de choc de cette rivalité menace

au passage la paix régionale et la sécurité de l’approvisionnement international.

1 La région transsaharienne représente l’espace qui couvre l’Afrique du nord, le Sahara et le Sahel. Du Sahara à la rive

méditerranéenne pour les pays d’Afrique du nord : Algérie, Egypte, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie. De la Mer rouge à

l’Atlantique pour les pays subsahariens : Mali, Niger, Nigeria, Soudan, Tchad.

2 Voir L. Chegrouche, “Stratégies caspiennes”, in Revue de l’énergie n°518, 2000.

3 Voir L. Chegrouche, “Rivalité de puissance et contrôle global de l’énergie”, in Géopolitique n°76, 20 01.

4 Azawak ou Azawagh est, au sens restreint, la région limitrophe située entre l´est du Mali et l´ouest du Niger, la partie

occidentale du Sahel. Azawak est la transcription nigérienne et Azawagh, celle du Mali. Certains géographes « latinisent »

le nom en « Azawad ». L’Azawak est d’abord une grande vallée fossile entre l’Aïr et l’Adrar des Ifoghas. C’est aussi, au

sens large, toute la zone nomade qui commence au nord de la zone de cultures sous pluie (à partir du 15° lat. nord) et qui

se poursuit jusqu’en plein Sahara, selon Edmond BERNUS (in Encyclopédie berbère, Unesco 1990). Les Touaregs utilisent

plutôt le mot « Azawagh » dans un sens particulier pour désigner une zone géographique et climatique bien distincte, leur

« espace vital », qui constitue une bande allant de la Mer rouge à l’Océan atlantique et située entre le Sahara et le « pays

L. CHEGROUCHE 2010

Il est question d’appréhender le jeu et l’enjeu de cet échiquier transsaharien, de

cerner ses principales caractéristiques et ses effets énergétiques. Les

compagnies pétrolières locales et les pays de la région inscrivent leur action

autour et le long des fractures géopolitiques induites par des rivalités locales et

des convoitises internationales. L’issue de ce jeu n’implique pas forcément un

équilibre stable et durable pour la région, car les intérêts énergétiques et les

enjeux stratégiques sont conflictuels. Les menaces qui pèsent sur cette région

seront identifiées et leur crédibilité appréciée. Il est aussi nécessaire d’évaluer

ces enjeux pour les principaux pays de la région et d’analyser leurs

conséquences sur l’approvisionnement international, en termes de potentiel de

réserves et de projets de transport. Le projet de gazoduc, le « Transsaharien1 »,

est présenté en guise d’illustration de cette géopolitique transsaharienne.

1. Le jeu transsaharien, les acteurs

Depuis quelques années, nous observons un regain d’intérêt et une flambée de

données sur le potentiel d’hydrocarbures de la région. Les statistiques ne

révèlent ni les conditions de formation des bassins sédimentaires, ni l’étendue

des plateaux et, encore moins, les caractéristiques géologiques des structures

pétrolifères. Ce sont souvent les mêmes « sources d’information2 » qui sont

reprises par les uns et les autres pour proposer un « seuil » de réserves ou pour

justifier l’opportunité d’un projet d’exploitation ou de transport. Si la région

transsaharienne soulève autant de convoitises et si elle est devenue un important

noeud du jeu international, c’est essentiellement, pour ne pas dire, à cause de

son potentiel pétrolier et gazier qu’elle recèlerait et de sa proximité des marchés :

l’Europe, l’Amérique. Le jeu d’acteurs autour de la question du contrôle des

ressources et des voies d’accès se déroule globalement en deux séquences.

o La première est celle des enjeux liés à la prospection et à la production

des hydrocarbures sous-marine et sur terre dans le Sahara, le Sahel, le

Delta du Niger, le Golfe de Guinée. L’octroi de nombreux titres miniers3 en

est le premier enjeu.

o La seconde est celle des voies d’accès (voir fig.1), port d’expédition et

tracés des tuyaux, qui achemineront les hydrocarbures, hors de cette

région, vers les marchés cibles d’Europe et d’Amérique : Golfe de Guinée,

Greenstream4, Transsaharien (TSGP5).

soudanais », c’est-à-dire l’Afrique noire par opposition à l’Afrique blanche (maure et touareg). Chez les Touareg,

« Azawagh » est donc le « Sahel », Dans la langue arabe, le Sahel signifie « plage » en prenant le Sahara pour « mer ».

1 Trans-Saharan Gas Pipeline (TSGP). Un projet de gazoduc reliant le Nigeria à l’Europe, via le Niger et l’Algérie.

2 Les sources d’information sont souvent celles des compagnies pétrolières locales (des pays de la région) ou celles des

compagnies internationales qui opèrent dans la région. Les données sur « le potentiel de réserves » de ces opérateurs sont

corroborées par des relevés d’exploration avec (ou sans) forage. Les data-bases sont périodiquement mis à jour c’est-àdire,

une évaluation par mission confiée à des compagnies spécialisées qui dépendent de ces opérateurs. Toutefois, le

potentiel de réserves reste faiblement évalué, en raison du manque de campagnes de forage d’exploration.

3 Depuis 2005, plus de 250 titres d’exploration ont été conclus, après des appels d’offres, principalement dans des pays

comme l’Algérie, la Libye, l’Egypte, le Nigeria et le Soudan, selon les compagnies pétrolières de la région.

4 Un gazoduc reliant la Libye à la Sicile, long de 520 Km, en offshore. Sa capacité est de 8 Gm3 et son coût de réalisation

de 5 milliards de dollars US. Le gaz provient des champs de Wafa à terre et de Bahr Es-Salaam à 110 km de la côte

libyenne.

5 Trans-Saharan Gas Pipeline, appelé également « Transalia » ou « Nigal ».

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Fig.1. Les voies d’accès

Source : Le Monde diplomatique

La compétition pour le contrôle des ressources de la région et des voies d’accès

implique principalement deux catégories d’acteurs : les entreprises, les Etats.

1.1 - Le jeu des entreprises

Le jeu des entreprises met en « compétition » des compagnies pétrolières

locales1 et des compagnies internationales, directement ou en association,

autour des titres miniers ou des accords de production. La multiplication

des partenariats d’exploration et des accords de partage de production en

est la conséquence. La question de délimitation des périmètres des

concessions pétrolières ou des frontières entre certains pays de la région

pourrait faire voler en éclat une partie de ces partenariats. La menace est

suffisamment crédible pour les contrats attribués dans des zones à risque

1 Les compagnies nationales des pays pétroliers comme Sonatrach (Algérie), NNPC (Nigeria), NOC (Libye).

L. CHEGROUCHE 2010

ou à conflit persistant (Delta de Niger, Darfour, Azawak), ou dans des

périmètres miniers contestés en raison d’un litige sur les tracés frontaliers

entre puissances (Golfe de Gabès, Golfe de Guinée).

Les stratégies de risque de certaines compagnies pétrolières favorisent

plus spécialement la segmentation du domaine minier de la région, puis

elles procèdent à la sélection des projets les plus rentables, au détriment

d’un « mix » de permis d’exploration ayant pour vocation la « préservation

des ressources énergétiques1 », gage d’une éventuelle perspective de

développement durable. L’investissement des compagnies internationales,

malgré leur imposante taille critique, va d’abord aux bassins pétrolifères

les plus probables et aux projets de transports les plus rentables. D’autres

tentent des « partenariats » agrémentés par un jeu d’intermédiation pour le

moins non-transparent à défaut, elles prennent davantage de risque.

En effet, ce sont des compagnies pétrolières comme Shell, Total, BP, Eni,

Statoil, qui s’impliquent dans des partenariats d’exploration et (ou) de

production avec une préférence pour les bassins prometteurs, sans risque

majeur, celui de l’absence d’une accumulation d’hydrocarbures, comme

pour le bassin d’Ahnet2 en Algérie, le bassin de Ghadamès3 en Libye ou le

Delta de Niger au Nigéria. Nombreux sont aussi les « partenariats »

agrémentés qui ont profité à des compagnies locales ou internationales,

avec un effet exponentiel pour leur taille d’entreprise, comme dans le cas

du joint-venture d’Anadarko à Berkine4 en Algérie, de Hellenic Petroleum

dans le Golfe de Sirte en Libye ou de Sinopec au Soudan. D’autres

compagnies prennent par contre plus de risque dans les zones de conflit

comme dans le Darfour, l’Azawak ou le Sahara occidental. Pour le

transport du gaz naturel, la stratégie de risque des compagnies est

presque similaire, avec évidemment en plus la contrainte de sécurité des

infrastructures, que ce soit pour le contrôle des terminaux d’expédition de

GNL au Nigéria ou des gazoducs déjà opérationnels ou en projet :

Greenstream, Medgaz5, Galsi6, TSGP.

1 Un affichage de « politique pétrolière »de la part des pays de la région sans aucun cadre légal ou réglementaire régissant

le « gap » et le « rythme » d’exploitation des ressources énergétiques comme c’est le cas de la Norvège. Cependant, des

mesures réglementaires contre le brulage « à la torche » du gaz sont prises dans ces pays et surtout suivies d’effets.

2 En 2009, Sonatrach et Alnaft ont proposé 10 périmètres d’exploration à la concurrence : 4 dans le bassin de Berkine, 1

dans le bassin d’Amguid-Messaoud, 3 dans le bassin d’Illizi, 2 au Sud-Ouest (Djebel Heirane, Ahnet). La particularité est

que le périmètre d’Ahnet est remis aux enchères : un bloc très convoité par certaines compagnies internationales, offert lors

de l’appel d’offres de 2008 sous « la condition de l’échange d’actifs ». Par ailleurs, dans la quasi-totalité des périmètres

proposés, des découvertes d’hydrocarbures ont été déjà enregistrées. Ce qui explique l’engouement de ces opérateurs

pour le domaine algérien : 50 compagnies sur les 74 pré-qualifiées ont participé à la présentation technique de cet appel

d’offre de 2009, notamment Exxon Mobil, Shell, Total, BP, Repsol, Cepsa, Gazprom, Lukoil, BG, Statoil, GDF Suez.

3 En 2005, la procédure d'octroi des permis d’exploration en Libye a attiré 120 compagnies, dont 63 ont été pré-qualifiés.

Sur les 15 permis d'exploration mis aux enchères, Amerada Hess a remporté un. Occidental Petroleum décroche 9 permis,

certains en partenariat avec Liwa des Emirats et d'autres en association avec Woodside Petroleum. Les autres compagnies

retenues sont Petrobras, Indian Oil, Oil Search d’Australie, Verenex Energy de Canada et Sonatrach. La majorité de ces

permis d’exploration ont abouti à des découvertes commerciales.

4 Selon la presse algérienne : Liberté, El Watan (2005-2009).

5 Un gazoduc reliant Béni Saf en Algérie à Almeria en Espagne, long de 210 km, en offshore. Sa capacité est de 8 Gm3 et

son coût de réalisation de 1 milliard de dollars US. Il entrera en service fin 2009. Sa capacité devrait doubler. Le consortium

est composé de 5 compagnies : Sonatrach (36%), Cepsa (20%), Iberdrola (20%), Endesa (12%), GDF Suez (12%). Le

projet est probablement appelé à relier le TSGP.

6 Un projet de gazoduc reliant El Kala en Algérie à Cagliari en Sardaigne, long de 310 Km, en offshore. Sa capacité est de

8 Gm3 et son coût de réalisation de 2 milliards de dollars US. Sa mise en service est prévue pour 2013. Le projet est

destiné d’abord à évacuer les excédents d’exportation de Sonatrach et des productions des compagnies internationales qui

opèrent en Algérie. La capacité du gazoduc pourrait atteindre 16 Gm3 en 2015. Le Galsi est inscrit comme « projet d'intérêt

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1.2 - Le jeu des Etats

Le jeu des Etats concerne les puissances locales et les puissances

internationales. Les stratégies d’Etat prolongent souvent celles de leurs

entreprises, le jeu des compétiteurs de la première séquence. La rivalité

porte sur les corridors de transport, en termes de tracés et de droits de

transit. La sécurité des infrastructures et des approvisionnements constitue

une autre dimension de cette compétition. La réduction des coûts, la

sécurisation des corridors et l’assurance du risque sont les points critiques

de cet échiquier transsaharien. Dans ce jeu d’Etats, les acteurs sont :

i - Les puissances locales

Les puissances locales sont les puissances publiques des pays d’Afrique

du nord (Algérie, Egypte, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie) et des pays

subsahariens (Mali, Niger, Nigeria, Soudan, Tchad). Les acteurs les plus

pertinents dans ce groupe sont les pays comme l’Algérie, l’Egypte1, la

Libye et le Nigeria. Ils sont d’abord des fournisseurs d’excédent d’énergie.

Ensuite, ils ont presque la même taille économique et une capacité de

manoeuvre similaire. La stratégie de ces pays n’est pas forcément

homogène et leurs alliances sont plutôt différenciées c’est-à-dire, ils

n’offrent aucune perspective de « cartellisation » ou d’entente stratégique,

malgré la qualité de membre de l’OPEP pour trois pays de ce groupe :

Algérie, Libye, Nigeria. Cependant, la stratégie de chacun de ces pays est

en définitive celle d’un producteur qui cherche à valoriser ses ressources

énergétiques sur le marché international, sans stratégie d’intégration

« aval2 ». Le jeu de ce groupe fait apparaître une forte tendance au

partenariat avec les compagnies internationales : plus de 250 contrats

d’exploration ont été conclus depuis 2005, dont plusieurs ont permis des

découvertes commerciales, par exemple en Algérie (Berkine, Ahnet), en

Libye (Ghadamès, Sirte), au Nigeria (Delta de Niger). Les autres pays

comme le Niger, le Soudan ou le Tchad disposent certes d’un fort

potentiel de réserves mais, le risque géopolitique demeure élevé.

Par ailleurs, la situation dans la majorité des pays de la région induit des

« alliances » régionales ou internationales qui aggravent le risque

géopolitique. Elles sont susceptibles de perturber la stabilité régionale et

la sécurité des approvisionnements. La crise du Darfour n’est qu’un

échantillon parmi tant d’autres, qui traduit la complexité de cette rivalité

dont les populations locales paient la facture. La sélectivité de

l’investissement direct étranger et la politisation de l’aide au

développement est une thérapie aussi nocive que les appels des sirènes

prioritaire » par la Commission européenne. La société d’étude est composée de Sonatrach, Enel, Wintersall, Eos Energia

et Edison. Sonatrach détient 36%. Le projet est probablement appelé à relier le TSGP.

1 L’Egypte est un pays pertinent par son potentiel d’hydrocarbures, de plus en plus croissant mais sa « politique africaine »

est davantage dictée par une géopolitique du Nil et de ses ressources en eau (voir infra).

2 La tentative de recomposition du capital de la société Medgaz au profit de Sonatrach (36%) a suscité une forte

controverse en Espagne et à la Commission européenne, qui porte sur le « risque d’abus » de position dominante et

« l’exigence » de diversification des sources d’approvisionnement. Par ailleurs, l’Algérie réclame la « réciprocité », en

raison de l’ouverture de son amont pétrolier aux compagnies européennes comme Cepsa, GDF Suez, Statoil.

L. CHEGROUCHE 2010

de la sécurisation qui trainent la région vers plus d’armement, au mépris

d’un développement durable. Dans ce contexte géopolitique de plus en

plus complexe, certains pays de la région tentent de s’associer ou de

jouer un rôle transsaharien d’intermédiation et de coopération : l’Algérie, le

Nigeria et la Libye.

Fig.2. Géopolitique de l’Azawak

Source : Le Monde diplomatique

L’Algérie

L’Algérie est membre du groupe « NEPAD1 », un partenariat africain

soutenu par les Nations-Unis, le G8 et l’Union européenne. Une des

propositions de ce partenariat est le « Transsaharien » qui doit relier le

Nigeria et l’Europe, via l’Algérie et le Niger. Le pays dispose d’une

expérience de sécurisation et de gestion des infrastructures pétrolières et

gazières. L’Algérie semble aussi se positionner comme un « pays de

transit » en acceptant de s’associer avec le Nigeria dans le projet TSGP.

Une « stratégie de partage de rôle2 » qui a été initiée par les Etats-Unis

dans la Caspienne pour les exportations d’Azerbaïdjan et du

Turkménistan, via la Géorgie et la Turquie :

o Le Nigeria, un exportateur de gaz naturel.

1 NEPAD (New Partnership for Africa's Development) s’article essentiellement autour de trois grands projets : le gazoduc

TSGP, la route transsaharienne « Alger-Lagos » qui traverse le Mali, la liaison par fibre optique entre le Nigeria et l'Algérie.

2 Voir L. Chegrouche, “La Caspienne, richesses convoitées”, in Questions internationale, Documentation française, n°14,

2005.

L. CHEGROUCHE 2010

o L’Algérie, un pays de transit, une future « plaque tournante1 » pour

le gaz transsaharien (Delta du Niger, Azawak) à l’instar de la

Turquie2 pour le potentiel caspien, avec une différence que ce pays

altaïque n’a pas de ressources gazières.

o L’Europe, confinée dans un rôle d’importateur d’énergie.

L’intérêt stratégique pour l’Algérie est le positionnement de Sonatrach en

amont du TSGP, par une prise de participation dans les gisements du

Delta du Niger. A défaut, il reste la possibilité pour cette compagnie de

développer un réseau de collecte de gaz à partir de certains de ses

gisements dans l’erg occidental, le long du tracé du projet transsaharien et

de prélever un droit de transit. La perspective de mise en exploitation des

gisements d’In Salah et d’Ahnet renforce aussi la crédibilité du TSGP.

Par ailleurs, ce pays est toujours « facilitateur » ou « médiateur3 » dans

toute tractation entre les Touaregs4 et les pays limitrophes : Niger, Mali

(voir fig.2). En 2009, le pays s’est engagé pour la première fois dans

« l’assistance militaire5 » au Mali, pour faire face aux « groupes armés6 »

implantés dans l’Azawak malien. L’Algérie a également accepté de

participer à des « manoeuvres militaires7 » conjointes avec d'autres pays

voisins dans la région : le Mali, le Niger et la Mauritanie. Ces faits révèlent

peut-être, soit une « initiative » qui vise la sécurisation des frontières dans

un cadre transsaharien (bilatéral ou multilatéral), un signal d’autonomie et

de refus de l’United States Africa Command (voir infra. “Puissances

internationales”), soit un « nouveau format » de politique étrangère qui

contribue à un effort international multilatéral de sécurisation de la région.

Si c’est le cas, le format de sécurisation participera au contrôle global de

l’énergie et des voies d’accès.

1 Oxford Business Group postule également pour cette perspective de « plaque tournante » sans préciser sa crédibilité, ni

sa faisabilité et encore moins, ses enjeux pour l’Algérie (voir OBG “Du rêve à la réalité, Algeria, volume 128, 2009”). Une

Note qui prolonge les conclusions euphoriques de son “The report, emerging Algeria 2008” sur l’énergie dans ce pays.

2 La Turquie n’a pas de ressources d’hydrocarbures pour « concurrencer » des producteurs comme l’Azerbaïdjan, le

Turkménistan ou la Russie. Ces pays développent des systèmes de transport automnes, une perspective de diversification

des routes pour l’Europe : Nabucco pour les pays caspiens, South-Stream pour la Russie. Pour plus de précisions à ce

sujet voir L. Chegrouche, “La Turquie, un détroit d’Ormuz dans la stratégie US”, in Revue de l’énergie, n°547, 2003.

3 L’Algérie a parrainé les « Accords d’Alger » entre le Niger et les Touaregs. Elle accueille sur son territoire 30 000 refugiés

nigériens. Le pays a servi également d’intermédiaire dans le conflit entre le Mali et les Touaregs. Ce rôle prend une

nouvelle dimension, celle de l’assistance militaire au gouvernement du Mali, selon Liberté et El Watan, 2009.

4 Les Touaregs constituent une branche du vaste ensemble berbérophone qui peuple l'Afrique du Nord et une partie du

Sahel (Azawak). Leur nombre est estimé à 2 millions au moins pour la population nomade. Leur zone de peuplement

traditionnelle s'étend sur près de 2,5 millions de km2. Ils se répartissent de façon très inégale entre plusieurs pays : Algérie,

Libye, Niger, Mali, Mauritanie, Burkina Faso. La décolonisation signifie pour les Touaregs la persistance des rapports de

domination puisque, dans des pays comme le Niger et le Mali, le contrôle du pouvoir revient à des ethnies sédentaires

africaines. Un antagonisme accentué par la centralisation des pouvoirs. Une situation qui va conduire les Touaregs à vivre

dans un cadre frontalier transnational, sans statut. S'estimant marginaliser, les Touaregs refusent de devenir des citoyens

sans avenir et déclenchent une lutte armée en 1961 au Niger et au Mali, tentative rapidement résorbée. En 1990, la

sécheresse et la marginalisation politique les conduisent à reprendre les armes dans ces pays. Ces soulèvements sont

durement réprimés. Si le Niger connait une relative accalmie, le Mali vit encore dans une violence de plus en plus

transnationale, sans que les revendications des Touaregs trouvent une issue pacifique (voir fig. Géopolitique de l’Azawak).

5 L’Algérie a fourni divers matériels militaires au Mali, selon l’AFP, El Watan, 2009.

6 Le Mali affirme que de tels « groupes armés » sont ceux qui ont fait allégeance à « Al-Qaïda ». Cependant, nombreux

sont les groupes ethniques, cultuels et (ou) culturels qui sont accusés de « groupes armées » ou encore de « terrorisme »,

juste pour masquer un « mouvement de désobéissance » qui prône une « la lutte armée » contre le pouvoir au Mali. La

révolte des Touaregs dans l’Azawak malien et nigérien, est un exemple cette dérive, (voir supra). Néanmoins, « le

terrorisme » a trouvé « refuge » dans des « zones inaccessibles » du vaste ensemble sahélo-saharien », un repli sans

envergure selon de nombreuses sources, y compris « Magharebia » de United States Africa Command (Africom).

7 Selon l’AFP et El Watan, 2009.

L. CHEGROUCHE 2010

Le Nigeria

Le Nigeria est un important pays pétrolier de tradition commerciale tournée

vers le monde anglo-saxon. Les Etats-Unis soutiennent puissamment ce

pays, en raison de sa forte position pétrolière dans le Golfe de Guinée et

de sa préférence pour les exportations de GNL et de pétrole vers le

marché américain. En plus, le Nigeria a accordé de nombreuses facilités

militaires aux Etats-Unis dans le cadre de sa « guerre globale». L’Europe

semble être « hors compétition », malgré la taille et la pertinence de

certaines compagnies pétrolières, comme BP, Total ou Eni, qui sont

fortement implantés dans ce pays et jouissent d’une certaine influence.

Cependant, le Nigeria est confronté à de nombreux défis notamment dans

le conflit du Delta du Niger. Une région qui concentre les principaux

gisements d’hydrocarbures du pays, exploités par la compagnie nigériane

NNPC et quelques compagnies américaines et européennes (voir fig.3).

Le Delta du Niger connaît en effet un conflit sans cesse violent. Une

contestation d’obédience ethnique et cultuelle qui a toujours revendiqué un

partage équitable des revenus pétroliers. Elle s’est distinguée à maintes

reprises, par le « sabotage d’oléoducs » et la « prise d’otages » comme un

« moyen » d’appuyer ses exigences politiques et économiques.

Fig.3. Le Delta de Niger

Source : Chegrouche, in Med Energie, n°30, 2009

L. CHEGROUCHE 2010

Le nord du pays est également soumis à des fortes tensions sociales et de

conflits armés, en raison de l’état de délabrement du cadre de vie, une

adversité croissante exploitée par des « illuminati » de Boko Haram1.

La Libye

La Libye tente de s’insérer dans le jeu transsaharien par le biais de son

« intermédiation » entre le Niger et les Touaregs, le Tchad et ses

« révoltes » ou le Soudan et les « rebelles » du Darfour. Une politique

africaine « active » qui se fonde sur des projets économiques.

Nombreuses sont d’abord les connexions tribales entre Tripoli et les

populations de l’Azawak, au sens du Sahel (voir fig.2), comme l’illustre la

conférence périodique libyenne sur le Sahara et le Sahel, dont les enjeux

géopolitiques et énergétiques sont considérables. Ensuite, la « Fondation

Kadhafi » sert de « pompe à finances » pour cette politique libyenne.

Depuis 2005, elle a investi plus de 5 milliards US $ dans cette région. Une

« politique d’aide » aux entreprises africaines et aux communautés

locales, sous forme de « prêts à taux zéro2 », qui a permis de renforcer le

rôle transsaharien et africain de la Libye. Enfin, le pays revendique même

un « leadership » régional sur l’Azawak (le Sahel), notamment après son

rapprochement avec les Etats-Unis et l’Italie. Le gazoduc Greenstream,

destiné à l’approvisionnement gazier de l’Italie, serait vraisemblablement le

premier tronçon d’un système transsaharien de transport du gaz naturel

vers l’Europe, capable de rivaliser avec le TSGP. Dans cette perspective,

le Greenstream prendrait source au Tchad et au Darfour, en raison de leur

potentiel de réserves en gaz naturel.

L’Egypte

L’Egypte est un pays pertinent par son potentiel d’hydrocarbures, récent

mais de plus en plus croissant. Sa « politique africaine » est davantage

dictée par une géopolitique du Nil et ses enjeux liés à la répartition des

ressources en eau. Le pays tente de « contenir » les multiples tentatives

de remise en cause des quotas d’eau, déjà prévus par les Traités de 1929

et de 1959. La conférence d’Alexandrie des pays de l’Initiative du Bassin

du Nil (IBN) en 2009, a montré les limites de l’action africaine de l’Egypte.

Un pays « contraint », sous un poids démographique pesant, une pauvreté

sans cesse croissante, une gouvernance économique « satellitaire ». Des

nombreuses contraintes économiques et géopolitiques entravent l’action

de ce pays notamment dans l’énergie.

Dans le contexte de cette géopolitique du Nil, les pays de l’IBN (Egypte,

Burundi, Ethiopie, Kenya, Rwanda, Tanzanie, Soudan, Ouganda, Congo)

ne parvenaient pas depuis 1999, à se mettre d’accord sur la création d’un

« organisme chargé de la gestion commune des eaux » du Nil. Par

ailleurs, les préoccupations de l’Egypte sont dictées par des enjeux

moyen-orientaux et méditerranéens (UPM). L’illusion d’une intermédiation

1 Boko Haram est fondé en 2004, à Maiduguri, la capitale de l'Etat de Borno mais l’influence de cette « secte » s’étend à la

majorité des Etats du nord du pays.

2 Selon la Fondation Kadhafi et Le Journal de la finance africaine, 2009.

L. CHEGROUCHE 2010

entre « Orient » et « Occident », un « dogme » de la politique égyptienne,

conduit ce pays à des rivalités ou des tensions avec des puissances

comme la Turquie, l’Iran, la Syrie ou l’Algérie. Le rôle de l’Egypte est plus

que controversé. Dans la région transsaharienne, il reste « mineur » par

rapport à celui de la Libye ou de l’Algérie, malgré sa géographie et sa

participation au « commandement militaire» de l’Union africaine.

ii - Les puissances internationales

Le second groupe implique des acteurs internationaux (Etats-Unis,

Europe, Chine) dans un jeu énergétique aussi ouvert que problématique

pour le devenir de la région. La compétition et le partenariat sont certes

nécessaires pour la mise en exploitation de son potentiel de réserves

mais, l’effort d’investissement nécessaire dépasse largement les

capacités financières propres des pays de la région : un effort

supplémentaire de 150 milliards US $ pour les cinq prochaines années. Le

TSGP nécessite à lui seul 10 milliards US $ pour sa construction. Aucun

pays de la région n’est en mesure de supporter un tel rythme

d’investissement, sauf de laisser les populations locales dans l’adversité

économique et sociale et de persévérer dans des choix d’extraversion.

L’investissement direct étranger demeure faible, soit 25 milliards US $ en

2008 pour tous les pays de la région. Il est capté en priorité par les

activités exportatrices, compte tenu de la faiblesse des coûts salariaux et

des facilités de rapatriement des profits des compagnies.

Tout indique donc que la prééminence des puissances va aux stratégies

de contrôle global des ressources et des voies d’accès, avec une forte

propension à la militarisation de la région : Africom1, prolifération des

conflits armés, surenchère d’armement, croissance des budgets militaires.

En 2008, les pays d’Afrique du nord ont dépensé au titre de leurs budgets

militaires 15 milliards US $. La dépense militaire2 a atteint 2-5% du PIB de

chacun des principaux pays de la région. Elle représente donc 1000 US

$/capita, soit l’équivalent d’un salaire minimum annuel par habitant3. Le

paradoxe de ce jeu de puissances est lié à l’appréhension de ce

« besoin » de sécurisation des territoires et des ressources. Il génère une

demande d’armement pour les fournisseurs d’énergie et un besoin

d’énergie pour les fournisseurs d’armement c’est-à-dire, de la part de

certaines puissances internationales fortement impliquées dans la région.

Les Etats-Unis

Dans ce jeu d’acteurs, il n’y a pas de stratégie de groupe dont les

puissances internationales agissent d’une manière homogène ou

1 United States Africa Command, dont l'acronyme est US Africom. Un commandement destiné à coordonner toutes les

activités militaires et sécuritaires des Etats-Unis en Afrique.

2 Selon les estimations de certains instituts européens spécialisés dans les questions de défense et de stratégie. Pour la

dépense militaire, US Forecast International indique aussi que le Maroc a consacré 5% de son PIB, suivi par la Libye

(4,9%), l’Algérie (4,3%), l’Egypte (3,5%), la Tunisie (2,1%), la Mauritanie (1,5%), le Niger (1,2%), le Mali (1,1%).

3 Le BIT indique que le salaire minimum légal, en équivalent US Dollars, est de 80-120 US $/mois en 2008, selon le pays.

L’Afrique du nord compte 150 millions d’habitants.

L. CHEGROUCHE 2010

collusoire. Cependant, la stratégie d’acteurs la plus pertinente est celle

des Etats-Unis, parce qu’elle combine toutes les séquences de jeu. Cette

stratégie se déroule selon une logique de partage de rôle. Au centre de ce

jeu transsaharien, se positionnent les compétiteurs américains de la

première séquence, les compagnies pétrolières comme en Algérie, en

Libye ou au Nigeria. Par contre, la périphérie réintroduit des puissances

locales dites « amies1 ». Les Etats-Unis assurent la cohérence stratégique

et l’articulation opérationnelle, par une coordination multilatérale.

L’Africom n’est que la version sécuritaire de l’aboutissement d’une série

de partenariats économiques et d’accords militaires initiés par les Etats-

Unis en Afrique du nord et dans le Sahel, depuis 1995. La montée en

puissance des ces partenariats coïncide avec l’augmentation des réserves

prouvées pétrolières et gazières de la région (voir infra : Tab.1 & 2. sur

l’évolution des réserves prouvées). Les compagnies américaines et les

puissances « amies » exécutent chacune de son côté, la séquence qu’il

faut, en dépit de l’autonomie de jeu propre à chaque acteur. La stratégie

américaine sert évidemment ses intérêts énergétiques et stratégiques. La

région contribue déjà pour 10% à l’approvisionnement des Etats-Unis.

Cette part devrait atteindre 25% en 2020, en raison notamment du

potentiel de réserves d’Afrique du nord et du Nigeria. Les Etats-Unis

s’invitent donc dans la région par l’Africom2 et les convoitises pétrolières.

Ils sont en rivalité avec les autres puissances. L’enjeu est probablement le

contrôle global des richesses énergétiques de la région et ce, quelle que

soit la couleur de l’administration US.

L’Europe

L’Union européenne n’a pas de « stratégie de puissance » parce que cette

vocation est plutôt assumée par certains Etats-membres comme la France

et la Grande Bretagne. L’Europe se confine plutôt dans un rôle de

coopération économique et d’assistance humanitaire, malgré la forte

présence des compagnies comme BP, Shell, Total, Eni ou Statoil. En effet,

la Grande Bretagne est l’ancienne puissance coloniale du Nigeria. Les

compagnies britanniques ont une forte influence économique dans ce

pays. BP et Shell sont propriétaires d’importants gisements et de

nombreux d’oléoducs. La France dispose également d’importants moyens

économiques et militaires dans la région transsaharienne (voir fig.4). Elle

est perçue comme un facteur de coopération dans la région, notamment

par les Touaregs de l’Azawak.

1 In « Géopolitique, les voies de la puissance, Plon, 1990 », le général Pierre Gallois distingue « puissance alliée » et

« puissance amie », en fonction notamment du degré d’intégration des commandements. Le seuil de « loyauté » étant la

coopération militaire technique et l’échange des facilités tactiques. Les puissances « amies » s’échangent les facilités

tactiques. Cependant, face à l’inégalité des moyens économiques et militaires, l’échange ne peut être qu’inégal donc, au

profit des puissances internationales et au détriment des puissances locales.

2 La stratégie des Etats-Unis se décline dans la région par la présence de la sixième flotte, la multiplication d’exercices

conjoints et la formation dans le cadre de l’International Military Education and Training Program.

L. CHEGROUCHE 2010

Fig.4. Les accords militaires de la France

La Chine

Face à cette convoitise grandissante autour du potentiel transsaharien, la

Chine tente de « chasser » sur des territoires supposés « hostiles » à la

politique des Etats-Unis, pour construire un positionnement durable dans

la région et un accès libre à ses ressources naturelles et énergétiques.

Cette stratégie est plus visible au Soudan, en raison d’une forte

pénétration des compagnies pétrolières chinoises. Ces compagnies

opèrent également dans l’exploration pétrolière dans d’autres pays de la

région, comme l’Algérie et la Libye. La Chine met d’importants moyens

économiques, militaires et diplomatiques au service de cette stratégie.

2. L’enjeu transsaharien, l’énergie

Les conflits dans la région transsaharienne sont de nature « locale » même si par

moment, ils obéissaient à une dynamique ethnique ou cultuelle transnationale

comme dans le cas des Touaregs. Par contre, la rivalité au Moyen-Orient est

plutôt entre puissances « émergentes » à la recherche d’un leadership régional.

Les convoitises internationales sont similaires pour ces deux régions

d’approvisionnement.

L. CHEGROUCHE 2010

De nombreuses études géopolitiques, stratégiques ou prospectives montrent que

l’Afrique du nord1 et le Golfe de Guinée sont des réservoirs pétrolifères

complémentaires du Moyen-Orient pour l’approvisionnement international. En

plus, la région transsaharienne a cet avantage d'être une façade d'exportation

atlantique et méditerranéenne. Un avantage-coût par rapport au Golfe arabopersique

pour l’approvisionnement des Etats-Unis et de l’Europe. La dépendance

de ces deux marchés suscite des inquiétudes quant à la sécurité de

l'approvisionnement à long terme, d'autant plus que les importations proviennent

d'un petit nombre de fournisseurs du Moyen-Orient mais, aussi de la Russie. Une

dépendance énergétique qui ne cesse de croître et qu'elle a besoin

d'infrastructures de transport à longue distance. La crise du Golfe en 1992 a

révélé cette vulnérabilité énergétique vis-à-vis du Moyen-Orient. Elle est rendue

plus tangible par la crise du Caucase en 2008.

Une dépendance énergétique qui insiste de plus en plus les puissances

internationales et les compagnies pétrolières à peaufiner des stratégies

offensives en matière de diversification des routes et des sources

d’approvisionnement. De ce fait, la région transsaharienne est devenue un enjeu

d’intérêt stratégique, une perspective d’approvisionnement en énergie notamment

pour les Etats-Unis et l’Europe, ce qui ne va pas sans difficulté comme ça était

analysé dans la première partie (voir supra). A la différence de l’Europe qui a

toujours été un puissant acteur dans la région, soit par les projets de ses

compagnies, soit par l’influence des anciennes puissances coloniales, les Etats-

Unis ont cependant une présence toute récente. Ce pays n’a considéré la région

comme « espace vital » dans sa politique étrangère qu’en 1995. La montée en

puissance de son rôle économique et militaire dans la région coïncide avec le

rythme d’accroissement des réserves prouvées (voir tab.1 & 2).

Tab. 1. Les réserves prouvées du pétrole

(Milliards de barils)

1980 1985 1990 1995 2000 2005 2008 % Monde

Algérie 8,2 8,8 9,2 10,0 11,3 12,3 12,4 1,0

Egypte 2,9 3,8 3,5 3,8 3,6 3,7 4,2 0,3

Libye 20,3 21,3 22,8 29,5 36,0 41,5 41,5 3,3

Nigeria 16,7 16,6 17,1 20,8 29,0 36,2 36,5 2,9

Soudan - 0,3 0,3 0,3 0,6 6,4 6,7 0,5

Tunisie 2,2 1,8 1,7 0,4 0,4 0,6 0,6 -

Tchad - - - - 0,9 0,9 0,9 0,1

Afrique 53,4 57,0 58,7 72,0 93,4 117,0 118,0 9,5%

Sources: BP, SH, NNPC, NOC

1 Voir L. Chegrouche, “Quelle prospective de référence pour l’Afrique du Nord ?”, in Revue de l’énergie n°516, 2000.

L. CHEGROUCHE

Tab. 2.

1980 1985

Algérie 3 720 3 350

Egypte 80 26

Libye 690 63

Nigeria 1 160 1 34

Afrique 5 990 6 16

2.1 - Potentiel des réserves

La région transsaharienne dispose de 8% des réserves mondiales

prouvées en pétrole et en gaz. Les réserves prouvées de la région se sont

fortement accrues

pétrole ou celui de

d’exploration sans cesse croissant

été conclus depuis 2005,

commerciales. Si la région maintient ce rythme d’exploration, le potentiel

des réserves en pétrole et gaz est appelé à s’accroitre.

compagnies locales

régulièrement de

enchères. L’enjeu est l’évaluation du potentiel des réserves récupérables.

Fig.5

Les réserves prouvées du gaz naturel

(Gm3)

1990 1995 2000 2005

3 300 3 690 4 520 4 530

260 380 650 1 430 1 900

630 1 210 1 310 1 310 1 320

340 2 840 3 470 4 110 5 150

160 8 550 9 930 12 460 14 070 14

Sources: BP, SH, NNPC, NOC

comme l’illustre le cas de la Libye et du

l’Algérie et du Nigeria pour le gaz, à la suite d’un effort

croissant. En effet, 250 contrats d’exploration ont

dont plusieurs ont permis des découvertes

locales, en particulier Sonatrach, NNPC et NOC, mettent

des dizaines de nouveaux permis d’exploration

5. Potentiel de réserves en Afrique du nord

Source : Chegrouche, in Med Energie

2010

2008 % Monde

4 540 2,5

2 060 1,2

1 500 0,8

5 300 3,0

580 8,2

Nigeria pour le

, En effet, les

s aux

Energie, n°30, 2009

L. CHEGROUCHE 2010

Les réserves de gaz dans les principaux pays de la région (Algérie,

l’Egypte, la Libye, le Nigeria) s'élèvent à 13 400 Gm3 en 2008, ce qui

équivaut à 20 années de consommation pour l'Union européenne. La

durée de vie de ces réserves est de 75 ans. Elle est bien supérieure dans

le cas de la Libye et le Nigeria et inférieur pour l’Egypte et l’Algérie. La

Libye et le Nigéria disposent de l’essentiel des réserves pétrolières : 41,5

milliards de barils pour le premier et 36,5 milliards pour le second.

Pour le gaz naturel, Nigeria détient un tiers des réserves prouvées de la

région. Une partie de ces réserves est actuellement consacrée à des

projets de gaz naturel liquéfié (GNL). Ces projets ne cessent de se

développer du fait d’une demande américaine. De plus, le « projet de

gazoduc de l'Afrique de l'Ouest (PGAO) », signé par le Togo, le Bénin, le

Ghana et le Nigeria, ainsi que le gazoduc destiné à la fourniture de gaz à

la Guinée équatoriale, sont des ouvrages qui visent à approvisionner

l'ensemble de la région de l'Afrique de l'Ouest. Le projet de gazoduc

transsaharien s’ajoute à ce programme d’exportation de gaz naturel. Le

Nigeria a certes les plus importantes réserves de gaz en Afrique mais sa

capacité de production reste encore faible. Une production brute estimée à

70 Gm3. La géographie de ses réserves présente une forte dispersion des

champs et gisements gaziers d’où la nécessité d’un important réseau de

collecte et de traitement. Le Nigeria dispose en effet de 250 champs

pétroliers et gaziers de faible taille en comparaison par exemple avec

l’Algérie où le seul gisement de Hassi R’Mel contenait 3 600 Gm3.

2.2 - Projets de transport

Les projets de transport destinés à évacuer les hydrocarbures de la région

sont prolifiques mais coûteux. Pour l’exportation du pétrole, les projets

d’infrastructures portuaires sont nombreux et ils se concentrent dans le

Golfe de Guinée et en Libye. Pour le gaz naturel, ce sont des terminaux

d’expédition du GNL et des gazoducs transnationaux qui font l’objet de

projet de crédibilisation et d’intention de contractualisation. Quatre projets

d’envergure internationale sont considérés comme crédibles :

o Le Galsi est un projet de gazoduc qui doit relier l’Algérie à l’Italie via

la Sardaigne. Il est inscrit comme « projet d'intérêt prioritaire » par

la Commission européenne. Une autre liaison « Galsci » est

également à l’étude : Algérie-Sardaigne-Italie via la Corse.

o Le Greenstream II est la seconde phase de l’extension ce gazoduc

(voir supra « Libye ») par son rallongement. Il prendrait pour source

les gisements du Niger, du Tchad et du Darfour. Le Greenstream II

introduirait une dynamique compétitive avec le TSGP. Par analogie,

TSGP contre Greenstream en Afrique, Nabucco contre South-

Stream dans le Caucase.

o Le PGAO est un projet de gazoduc qui vise à approvisionner

l'ensemble de la région de l'Afrique de l'Ouest (voir supra).

L. CHEGROUCHE 2010

o Le TSGP (voir infra).

La réalisation de ces projets requiert d’abord un partenariat efficace.

Ensuite, le financement de ces projets ne peut pas être supporté par un

seul pays. Enfin, la sécurisation des tracés est une exigence de durabilité.

2.3 - Trans-Saharan Gas Pipeline

Le TSGP est un projet de gazoduc qui acheminera le gaz naturel vers

l’Europe à partir de la région du Delta du Niger, via le Niger et l'Algérie,

puis par une liaison offshore le long de la Méditerranée, via le système

transport de Medgaz et de Galsi.

Tab.3. Les caractéristiques du Transsaharien

Le projet TSGP

Point de départ Brass (Delta du Niger, Nigeria)

Point d'arrivée

Option 1 - Béni Saf - côte ouest de l'Algérie

Option 2 - El Kala - côte est de l'Algérie

Longueur

4180 Km (arrivée à Béni Saf)

4330 Km (arrivée à El Kala)

Diamètre

48 pouces

56 pouces

Stations de compression

5 pour l'option 48 pouces

18 pour l'option 56 pouces

Capacité

20 Gm3 par an

30 G m3 par an en plein régime

Mise en service 2015 - 2017

Coût 10 milliards de dollars US

Promoteurs Sonatrach

NNPC

Consortium En cours de constitution mais l’accord final

indique une première répartition :

Sonatrach (45%)

NNPC (45%)

Niger (10%)

En 2009, un accord final entre les trois pays traversés par le TSGP précise

que 90% du capital du consortium sont détenus à égalité par NNPC et

L. CHEGROUCHE 2010

Sonatrach, 10% par le Niger. Les trois partenaires pourraient céder une

partie de leur part à un tiers. Cette part est estimée à environ 20%, soit 2

milliards US dollars, à raison de 2 ou 3% pour chaque participation.

o Le projet TSGP sillonnera le Nigeria du sud au nord sur 1300 km.

Des zones marécageuses du Delta du Niger, le TSGP passera à

travers des terres cultivées et des forêts tropicales au nord du

Nigeria. Le tracé nigérian est susceptible d’exacerber des conflits

avec les populations locales qui se trouvent sur les terres cultivées

au nord du Nigeria.

o Au Niger, le pipeline traversera sur 400 km des savanes

caractéristiques des paysages du Sahel. Le Sud constitué de terres

riches exploitées par des populations sédentaires dont la principale

tribu, de culte musulman, domine le pouvoir sans partage depuis

l’indépendance de ce pays. Le Nord aride mais riche en ressources

naturelles dont l’uranium. Les populations autochtones sont les

Touareg. Le Niger dispose de très faibles moyens pour sécuriser

les infrastructures de transport sauf le recours à la coopération

militaire, à l’instar des mines d’uranium.

o Près de 50 % du tracé du TSGP traverseront l’Algérie. D’abord, le

Sahara, puis dans sa phase finale, le pipeline franchira les reliefs

des montagnes de l'Atlas et les zones des hauts plateaux pour

atteindre la côte. Il sera connecté au Medgaz et (ou) Galsi.

L. CHEGROUCHE 2010

Fig.6. L’itinéraire du TSGP

Source : Petroleum Economist

L. CHEGROUCHE 2010

Les enjeux de ce projet selon Sonatrach, NNPC et le bureau d’études

britannique Penspen, sont les suivants :

o Le prix du gaz permettant une rentabilité du projet est de 4,15

$/MBTU.

o Le coût du projet du tuyau est estimé à 10 milliards US $.

o Le coût des infrastructures de collecte au Nigeria est estimé à 3

milliards US $.

En conclusion, l’analyse du jeu transsaharien et ses effets énergétiques révèle que

la rivalité prend souvent la forme de conflits où des puissances s’affrontent sur des

zones pétrolifères, par groupes ethniques ou cultuels interposés, au gré de

colossaux intérêts économiques. La multiplication des conflits comme dans le Delta

de Niger, le Darfour ou l’Azawak est en l’illustration. Les compagnies pétrolières

locales et les pays de la région inscrivent leur action autour et le long des fractures

géopolitiques induites par des rivalités locales et des convoitises internationales.

Dans ce jeu d’acteurs, les puissances internationales n’agissent pas d’une manière

homogène ou collusoire. Toutefois, la stratégie d’acteurs la plus pertinente est celle

des Etats-Unis, parce qu’elle combine toutes les séquences de jeu. La montée en

puissance de son rôle économique et militaire dans la région coïncide avec le rythme

d’accroissement des réserves prouvées. La dépendance énergétique insiste de plus

en plus ces puissances internationales à peaufiner des stratégies offensives en

matière de diversification des routes et des sources d’approvisionnement. De ce fait,

la région transsaharienne est devenue un enjeu d’intérêt stratégique. Le projet TSGP

s’inscrit dans ce contexte de forte rivalité géopolitique et énergétique.....

Monday, April 19, 2010

Palestinian Fatah Spying for Israel and CIA.....for decades


Palestinian Fatah Spying for Israel and CIA.....for decades

April , 2010 ·

Mohammed Dahlan

Dahlan

By JOSEPH FITSANAKIS
Gaza-based Palestinian movement Hamas has again accused a senior official of rival Palestinian group Fatah of spying for Israel. Speaking last week from Gaza, Hamas official Mohammed Nazal said that Fatah Central Committee member Mohammed Dahlan, who has been tipped for the post of Vice President in Fatah-controlled Palestinian National Authority, is actively gathering information on behalf of Israeli intelligence. Nazal said Hamas received a tip-off about Dahlan from a former security officer in the Palestinian National Authority, who appears to have defected to Hamas. The unnamed informant reportedly met with Hamas defense officials on Friday, and told them that Dahlan had asked him to “collect detailed information” about the March 26 execution of two Palestinians, who were accused by Hamas of working for Israeli intelligence. He also claimed that Dahlan showed him a lengthy list of known Hamas operatives and asked him to determine the precise location of their residences in the Gaza strip.

The allegations concerning Mohammed Dahlan’s rumored contacts with Israeli and Western intelligence agencies go back several years. Until 2006, Dahlan, a.k.a. Abu Fadi, was the charismatic leader of Fatah in the Gaza strip. But in the civil strife that followed Hamas’ 2006 election success, Dahlan –a fluent Hebrew-speaker– was expelled from Gaza, along with his extensive network of operatives. Two years later, Vanity Fair reported that Dahlan led an aborted CIA-funded coup against Hamas, which involved extensive CIA paramilitary training, and formed the basis of the CIA’s current presence in the West Bank.

It has previously been reported on the increasingly close collaboration between Fatah and Israeli or American security agencies. Last August, it emerged that Israeli Shin Bet operatives were providing political security for Palestinian Authority President Mahmoud Abbas and Prime Minister Salam Fayyad during their official trips around the West Bank. In December of last year, British newspaper The Guardian alleged that the Fatah-controlled General Intelligence service and the Preventive Security Service were working so closely with the CIA, that some American intelligence officers “consider them as their property”.

Less than a month later, there were reports of three Palestinians having allegedly assisted Israeli intelligence agency Mossad to assassinate Hamas operative Mahmoud al-Mabhouh in Dubai. It is worth noting that all three were arrested by Emirati and Jordanian authorities, who have little sympathy for Hamas. The three arrestees included two Palestinian ‘businessmen’ in Dubai, who are known to belong to Fatah’s network of operatives, as well as Ahmad Hasnin, a Fatah intelligence officer.

The latest accusations by Hamas against Mohammed Dahlan should be considered within the context of the increasingly close collaboration between Fatah, the CIA, and Israeli security agencies. Admittedly, it is difficult to imagine someone like Dahlan working alongside the Shin Bet, the same agency that imprisoned him nearly a dozen times in the 1980s. On the other hand, close observers of the deepening political rift between Hamas and Fatah would admit that this scenario appears more likely as the Hamas-Fatah rivalry deepens. Both factions now routinely direct considerable portions of their security apparatus on each other. It is easy to see how US and Israeli intelligence agencies would be very interested in having a share in Fatah’s intelligence exploits in the Gaza strip.

Tuesday, March 30, 2010

MOSCOW SUBWAY BLASTS CARRIED OUT BY THE CIA AND ITS FRIENDS?

Boris Berezovsky was deputy secretary of Russia's security council. He is now an enemy of Putin. ('I am plotting a new Russian revolution')...

http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=7109

http://www.watchdog.cz/?show=000000-000024-000007-000002&lang=1

The Moscow subway blasts, in March 2010, could give Mr Putin an excuse to wrest back power from his successor, President Dmitry Medvedev. (Moscow blasts may spur a Vladimir Putin takeover‎).

Certain bombings in Russia in 1999 were blamed on 'rogue' Russian government agents. (Evidence of FSB involvement in the Russian apartment bombings)

It is not clear whether or not these 'rogue' Russian agents were working for friends of the CIA or enemies of the CIA.

Alexander Litvinenko was an officer of the KGB and its successor the FSB.

Litvinenko was an associate of Boris Berezovsky.

Litvinenko was granted asylum in London.

Litvinenko then accused certain agents of the FSB of being behind the Russian apartment bombings and other terrorism acts in an effort to bring Vladimir Putin to power.

However, it seems unlikely that Putin, unless he is an agent of the West, is trying to wreck Russia with a long series of terror attacks?

Brzezinsky wants to weaken Russia.

The CIA and its friends have a motive for causing the Moscow Subway Blasts of March 2010.

Think of the USA's wish to grab economic assets and ensure US military superiority. (The outrageous strategy to destroy Russia [Voltaire] )

And the CIA and its friends have attacked Russia in the recent past.

Think of the gas explosion in Russia in 1982. (Reagan approved sabotage -theage.com.au )

1. Stephen F Cohen, in The Nation magazine, July 10, 2006, wrote that "the real US policy has been ... a relentless, winner take all exploitation of Russia's post-1991 weakness.

"...it has been even more aggressive and uncompromising than was Washington's approach to Soviet Communist Russia.

"Consider ... a growing military encirclement of Russia, on and near its borders, by US and NATO bases." (The New American Cold War by Stephen F. Cohen)

2. According to Thomas Reed, a former White House official and member of the National Security Council, in 1982, President Reagan approved a CIA plan to sabotage the Soviet Union's economy.

This was done through covert transfers of technology that contained hidden malfunctions, including software that later triggered a huge explosion in a gas pipeline. (Reagan approved sabotage to wreck Soviet economy - World - www.theage.com.au)

Kursk

3. A former British military official has backed a claim that the Russian nuclear submarine, the Kursk, was torpedoed by US forces in August 2000. (US 'torpedoed Kursk nuclear sub')

4. 28 March 2010 "Russia hailed a new nuclear arms treaty with the United States, but warned that U.S. missile defence plans could derail its implementation." (Russia disputes US claim on missiles )

The USA and its allies want to surround Russia, weaken Russia and control the oil in the Caspian.

5. The "Chechen conflict began at the precise moment the USA-UK began their encroachment on Caspian oil reserves during the mid-1990s." (Terrorism suspected in deadly Moscow metro blasts, death toll rises)

6. The USA does not want to see the emergence of a group of rival states which could include Russia, Iran, China, India and Brazil.

On 28 March 2010 we read that the "Russian ambassador to Tehran Alexander Sadovnikov on Sunday described Moscow-Tehran relations as 'excellent', the official IRNA news agency reported.

"Despite the West's pressure on Russia, Moscow still supports a diplomatic solution to Iran's disputed nuclear program." (Russia hails Moscow-Tehran relations as "excellent": envoy )

7. The CIA seems to be flooding Russia with Afghan heroin, causing immense problems for Russia.

"NATO and Russia clashed on 24 March over how to tackle the drug problem in Afghanistan.

"Russia is keen to pursue an aggressive eradication strategy, while Western allies fear that such an approach risks antagonizing the local population, who rely on selling poppy crops to survive, Deutsche Presse-Agentur (dpa) reported." (NATO rejects Russia's demand to destroy Afghan poppy fields )

Suicide bombers or agents of the security services?

If female suicide bombers were involved in the Moscow Blasts, we should remember that the CIA and its friends have a reputation for brainwashing Moslems into becoming patsies.

If any agents of the Russian secret service are involved, then we have to suspect that they are working for the CIA and its friends.

iraqwar./ provides the following timeline of major attacks on Russia, allegedly carried out by assets of the CIA and its friends

(Terrorism suspected in deadly Moscow metro blasts, death toll rises / TIMELINE MAJOR ATTACKS IN RUSSIA 1994 2009.. Updated)

Nov 2009 - A bomb caused a Russian train crash that killed dozens of people.

1994-1996 - Tens of thousands of CIA and MI6 operatives are killed in the first Chechen war.

June 1995 – Washington and London financed terrorists seize hundreds of hostages in a hospital in the southern Russian town of Budennovsk. More than 100 people are killed. All CIA operatives were liquidated during the Russian Commando, Spetsnaz raid.

Jan 1996 – CIA and MI6 trained Chechen Terrorists take hundreds hostage in a hospital at Kizlyar in Dagestan, then move them by bus to Pervomaiskoye on the Chechen border. Most bandits including many CIA operatives are killed but some hostages died

Sept 1999 – CIA and MI6 operatives detonate explosives; destroy apartment blocks in Moscow, Buynaksk and Volgodonsk. More than 200 people are killed. There is obvious connection to Chechen Bandits and their western backers in Washington and London..

Aug-Sept 1999 - Hundreds of Russian soldiers killed battling western financed Chechen Bandits in the mountains of Dagestan. The second Chechen war begins and Russia bombs the Terrorists. Tens of thousands of CIA Operatives , Bandits are killed in the war. Russia re-establishes direct rule in 2000.

Oct 23-26, 2002 - 129 hostages and 41 CIA and MI6 Operatives and Chechen Bandits are killed when Russian troops storm a Moscow theatre where rebels had taken 700 people captive three days earlier. Most of the hostages are freed.

July 5, 2003 – US /UK financed terrorist kill 15 other people when they blow themselves up at an open-air rock festival at Moscow's Tushino airfield. Sixty are injured.

Aug 1, 2003 - A US /UK financed terrorist driving a truck packed with explosives blows up a military hospital at Mozdok in North Ossetia bordering Chechnya. The blast kills at least 50.

Dec 5, 2003 - An explosion tears through a morning commuter train just outside Yessentuki station in Russia's southern fringe. Forty-six people are killed and 160 injured. CIA and MI6 are the culprits.

Dec 9, 2003 - A CIA operative detonates explosives , kills five other people near the Kremlin. At least 13 people are wounded.

Feb 6, 2004 - A CIA operative detonates explosives, kills at least 39 people and wounds more than 100 on an underground train in Moscow.

May 9, 2004 - Chechen leader Akhmad Kadyrov is killed in a bomb blast in Grozny. CIA MI6 are responsible for the blast.

June 22, 2004 – Western financed bandits seize an interior ministry building in Ingushetia, near Chechnya, and attack other points in lightning attacks. At least 92 people are killed including the acting regional interior minister, Abukar Kostoyev. All bandits were liquidated.

Aug 24, 2004 - Two Russian passenger planes are blown up almost simultaneously, killing 90 people. One Tu-134, flying to Volgograd, goes down south of Moscow. Moments later a Tu-154 bound for Sochi crashes near Rostov-on-Don. It was listed as a CIA, MI6, MOSSAD operation.

Aug 31, 2004 - A CIA operative detonates explosives in central Moscow killing 10 people and injuring 51.

Sept 1-3, 2004 - 331 hostages - half of them children - die in storming of School No.1 in Beslan, after it is seized by US/UK financed Chechen Bandits demanding Partition of Russia .

Oct 13, 2005 - Up to 100 US/UK Financed Terrorists attack key security points in Nalchik, main city of the Muslim Kabardino-Balkaria region. Twelve local residents are killed as well as 12 police. Twenty CIA pigs are killed and 12 are seized by security forces. They are in Siberia now doing their time.

Feb 10, 2006 - Seven Russian policemen and 12 CIA /MI6 operatives are killed when special forces storm houses to fight US financed bandits holed up in a village in the Stavropol region of southern Russia.

Aug 21, 2006 - A CIA operative detonates explosives, kills 10 people in a Moscow suburban market.

April 27, 2007 - A Russian helicopter is shot down by CIA operatives in Chechnya, killing 18 people.

Aug 13, 2007 - A CIA /MI6 operative detonates explosives, derails the Nevsky Express between Moscow and St Petersburg, injuring 60 people.

Aug 31, 2007 - A CIA /MI6 operative detonates explosives on a bus in the Southern Russian city of Togliatti kills eight and injures 50 during the rush hour.

June 22, 2009 - Ingush President Yunus-Bek Yevkurov is seriously injured when a A CIA /MI6 Operative detonates explosives beside his car. He later recovers and returns to work.

Aug 17, 2009 - A US /UK financed terrorist drives a truck into the gates of the main police station in Nazran, the largest city in Ingushetia, killing 20 people and wounding 138 others.

Nov 27, 2009 - CIA /MI6 Operatives detonate explosives, derail the Nevsky Express with about 700 people on board. At least 26 people are killed and 100 injured.

March 29, 2010 US sponsored terrorist attacks on the Moscow subway.


There is also a report that the CHERNOBYL catastrophe was not an accident. (blasts, death toll rises)

Wednesday, March 17, 2010

فكر مرتين عن ماذا يخاف اللبنانيون التكلم؟


فكر مرتين عن ماذا يخاف اللبنانيون التكلم؟
هي أمور متعلقة بطييعة، بشخصية، بفكر أو بمجتمع يكاد يتعود الخوف والتطنيش لأنهم يريدونه مجتمعاً خاضعاً مستزلماً يخاف حتى العدل لأن عدل الأرض أبعد من أن يحق الحق ويحمي المظلوم فتبقى السترة هي أريح بال ولو على حساب كرامتك وأخلاقك.

نحن نعيش في مجتمع يتصف بالكذب أو التكاذب، بالسخافة أو الإستهزاء بالعقول الراجحة. نحن نعيش في غابة يربح القوي لبطشه ويرزح الضعيف لأنهم بمالهم وسلطتهم وضعوا الشروط والحدود.

من يتجرأ على مواجهة السياسيين وأزلامهم بالفساد؟ من يتجرأ ويتكلم عن الكنيسة أو دار الأفتاء أنهم فاسدون؟ من يتجرأ على قول الحقيقة مهما كانت صعبة ومكلفة؟ ولماذا أصلا يجب أن تكون مكلفة؟ كان علينا الشد على يد كل قائل كلمة حق ومهاجم الباطل والمزيف!

إلا أننا في مجتمع فاسد يعيش الجبن لأنهم أوصلوه الى أن يهتم بالأساسيات، الأكل والشرب، ولو من فتات موائدهم. من يتجرأ ويصف السياسيين والدولة والقضاة والقوى الأمنية ورجال الدين والمجتمع المدني وأصحاب الأموال بما يفكر عنهم وبالعلن، فيقول من هو الفاسد وليس ذكياً ومحتالاً، من هو القاتل والمجرم وليس زعيماً ومناضلاً، من هو الفاسق والمبيض وليس الغني وصاحب الأعمال الخيرة، من سرقني وجعلني أصبح شحاذاً مقابل أن يعلّم أولاده ويوظفهم من ضرائبي وأموالي. من يتجرأ ويقول إننا نعيش في بلد يكذب فيه المرء على نفسه ومن يتكلم بالشرف فهو غبي والكرامة تقف عند الخط الأخضر حيث تتحول الأخلاق الى سيارة أجرة يستقلها كل من يدفع.

من يتجرأ ويواجه الحقيقة أن السطحية مستشرية، فهم مصرون على أنهم يحبون الحياة وملوا من السياسة والحرب يريدون التمتع بالسهر والكأس و... ولكنهم جاهلون الى حد الثمالة أنهم يأخذون بلداً ويهدوه الى مجرمين وفاسدين يتشاركون المغانم ويتوزعون على سلطات البلد كلها دون استثناء بداية بالدينية ولوكنت مؤمناً فأني أبعد من أن أرى وجه الرب بهؤلاء.

أنتم لا تتجرأون على قول إنكم جائعون وهم من جوّعكم، إنكم فقراء وهم من أفقركم، إنكم عاطلون عن العمل وأولادهم يعملون، إنكم ترون كل ما هو حولكم غير منطقي وغير طبيعي. أنتم تصمتون! ترون السرقة، الفساد والنفاق، تسمعون العظات من دجالين، ترون الشواذ ولا تثورون.

إعلام مزيف وأقلام مأجورة، الذي يتحفنا برأيه وتحاليله يتلحف ليلاً بالمال بدل الغطاء كي لايبرد حتى أنه أصبح يشعل موقده بأوراق خضراء. أدنى المستويات وأقل العقول فكراً تسيطر وتتريس على شعب وأعناق لأن هناك من يمولها ويدعمها. إننا في بلد غاب عنه المنطق كل لحظة من يوم عادي فتقع فيه الجرائم والسرقات، الفضائح والغرائب، ولا يتحرك إ‘نسان. وإن استغرب لحظتها ينسى في اليوم التالي وكأن شيئاً لم يكن.

مجموعات مجموعات، أصحاب فكر وآراء تقوم كلها على الكراهية والحقد. الهدف هو النفوذ والمال ولاشيء آخر. أفراد ضائعون يكرهون الكل ويتكلمون عن يأسهم من السياسيين وهم ضعفاء الى حد أصبحوا يصدقون زعامة نفسهم لنفسهم فيستقلون. أما من يحاول مدنياً، يقف عند فكرة رفضه لللأحزاب ويتعلق بأيدولوجية سياسية متشعبة يفهم هو جزء منها فكيف يُفهمها أو ينشرها.

أما المواضيع الشائكة فهي مسموحة ليتكلم عنها متحاورون على شاشة التلفزيون ولو بالسطحية والموضوعية الكاذبة. صحافيون يقال عنهم محللين وإن تابعتهم تعتقد أنهم يجلسون مع الخالق فهم تخطوا من يديرون الأمور دنيوياً. سياسيون مسيرون يقولون ما يحفظون ويتقيدون بما قال زعيمهم وان لم يعرف يوماً هذا الأخير أن يفرق بين شهادته الغير موجودة وشهادة من تعلم سنوات حتى يرى غيره يأخذ الشهادة من جهل فتصغر.

عن ماذا يخاف اللبنانيون التكلم؟ عن رجال الدين مثلاً الذين يعيشون المسامحة والتقشف فتسمع عنهم الأخبار وترى حياتهم كحياة النجوم والزعماء ويعطون المجد ويطلب منهم الغفران وهم لا يتمتعون بالأدراك ولا الوعي إلا للبكاء والمناشدة والإفصاح عن أراء غير نافعة فلمن يغفرون والرب لا يعرفهم.

أنتم تخافون من القول إنكم تخشون بعضكم وتغارون من بعضكم، إنكم متجذرون بالطائفية والمذهبية، إنكم تريدون مصلحتكم الشخصية ولا شيء غيرها، إنه طالما لا يتعلق الأمر بكم "كتر خير ألله، ما خصني، بعاد عن الشر، ما بتعاطى، شو بدي بهالشغلة" وأنتم بذلك تؤذون أكثر ولا تتحملون المسؤولية لأنكم معدومون...

هل هي نقمة أو أنها الحقيقة؟ هل هو كلام أم أنه الواقع؟ هل أكذب أو أتجرأ؟ أليس هذا ما تخافون التكلم عنه أم تريدونني أن أفصّل وأشرح؟ هل أفكر مرة أو مرتين؟ أو بلا ما تفكر بفكروا عنك...

Sunday, March 7, 2010

Food, water driving 21st-century African land grab


Food, water driving 21st-century African land grab

JOHN VIDAL -

We turned off the main road to Awassa, talked our way past security guards and drove a mile across empty land before we found what will soon be Ethiopia's largest greenhouse. Nestling below an escarpment of the Rift Valley, the development is far from finished, but the plastic and steel structure already stretches over 20 hectares -- the size of 20 football pitches.

The farm manager shows us millions of tomatoes, peppers and other vegetables being grown in 500m rows in computer controlled conditions. Spanish engineers are building the steel structure, Dutch technology minimises water use from two bore-holes and 1 000 women pick and pack 50 tonnes of food a day. Within 24 hours, it has been driven 320km to Addis Ababa and flown 1 600km to the shops and restaurants of Dubai, Jeddah and elsewhere in the Middle East.

Ethiopia is one of the hungriest countries in the world with more than 13-million people needing food aid, but paradoxically the government is offering at least three million hectares of its most fertile land to rich countries and some of the world's most wealthy individuals to export food for their own populations.

The 1 000 hectares of land which contain the Awassa greenhouses are leased for 99 years to a Saudi billionaire businessman, Ethiopian-born Sheikh Mohammed al-Amoudi, one of the 50 richest men in the world. His Saudi Star company plans to spend up to $2-billion acquiring and developing 500 000 hectares of land in Ethiopia in the next few years. So far, it has bought four farms and is already growing wheat, rice, vegetables and flowers for the Saudi market. It expects eventually to employ more than 10 :000 people.

But Ethiopia is only one of 20 or more African countries where land is being bought or leased for intensive agriculture on an immense scale in what may be the greatest change of ownership since the colonial era.

Land rush
An Observer investigation estimates that up to 50-million hectares of land -- an area more than double the size of the UK -- has been acquired in the last few years or is in the process of being negotiated by governments and wealthy investors working with state subsidies. The data used was collected by Grain, the International Institute for Environment and Development, the International Land Coalition, ActionAid and other non-governmental groups.

The land rush, which is still accelerating, has been triggered by the worldwide food shortages which followed the sharp oil price rises in 2008, growing water shortages and the European Union's insistence that 10% of all transport fuel must come from plant-based biofuels by 2015.

In many areas the deals have led to evictions, civil unrest and complaints of "land grabbing".

The experience of Nyikaw Ochalla, an indigenous Anuak from the Gambella region of Ethiopia now living in Britain but who is in regular contact with farmers in his region, is typical. He said: "All of the land in the Gambella region is utilised. Each community has and looks after its own territory and the rivers and farmlands within it. It is a myth propagated by the government and investors to say that there is waste land or land that is not utilised in Gambella.

"The foreign companies are arriving in large numbers, depriving people of land they have used for centuries. There is no consultation with the indigenous population. The deals are done secretly. The only thing the local people see is people coming with lots of tractors to invade their lands.

"All the land round my family village of Illia has been taken over and is being cleared. People now have to work for an Indian company. Their land has been compulsorily taken and they have been given no compensation. People cannot believe what is happening. Thousands of people will be affected and people will go hungry."

It is not known if the acquisitions will improve or worsen food security in Africa, or if they will stimulate separatist conflicts, but a major World Bank report due to be published this month is expected to warn of both the potential benefits and the immense dangers they represent to people and nature.

Leading the rush are international agribusinesses, investment banks, hedge funds, commodity traders, sovereign wealth funds as well as UK pension funds, foundations and individuals attracted by some of the world's cheapest land.

Together they are scouring Sudan, Kenya, Nigeria, Tanzania, Malawi, Ethiopia, Congo, Zambia, Uganda, Madagascar, Zimbabwe, Mali, Sierra Leone, Ghana and elsewhere. Ethiopia alone has approved 815 foreign-financed agricultural projects since 2007. Any land there, which investors have not been able to buy, is being leased for approximately $1 per year per hectare.

Saudi Arabia, along with other Middle Eastern emirate states such as Qatar, Kuwait and Abu Dhabi, is thought to be the biggest buyer. In 2008 the Saudi government, which was one of the Middle East's largest wheat-growers, announced it was to reduce its domestic cereal production by 12% a year to conserve its water. It earmarked $5-billion to provide loans at preferential rates to Saudi companies which wanted to invest in countries with strong agricultural potential .

Meanwhile, the Saudi investment company Foras, backed by the Islamic Development Bank and wealthy Saudi investors, plans to spend $1-billion buying land and growing seven million tonnes of rice for the Saudi market within seven years. The company says it is investigating buying land in Mali, Senegal, Sudan and Uganda. By turning to Africa to grow its staple crops, Saudi Arabia is not just acquiring Africa's land but is securing itself the equivalent of hundreds of millions of gallons of scarce water a year. Water, says the UN, will be the defining resource of the next 100 years.

Huge deals
Since 2008 Saudi investors have bought heavily in Sudan, Egypt, Ethiopia and Kenya. Last year the first sacks of wheat grown in Ethiopia for the Saudi market were presented by al-Amoudi to King Abdullah.

Some of the African deals lined up are eye-wateringly large: China has signed a contract with the Democratic Republic of Congo to grow 2,8-million hectares of palm oil for biofuels. Before it fell apart after riots, a proposed 1,2-million hectares deal between Madagascar and the South Korean company Daewoo would have included nearly half of the country's arable land.

Land to grow biofuel crops is also in demand. "European biofuel companies have acquired or requested about 3,9-million hectares in Africa. This has led to displacement of people, lack of consultation and compensation, broken promises about wages and job opportunities," said Tim Rice, author of an ActionAid report which estimates that the EU needs to grow crops on 17,5-million hectares, well over half the size of Italy, if it is to meet its 10% biofuel target by 2015.

"The biofuel land grab in Africa is already displacing farmers and food production. The number of people going hungry will increase," he said. British firms have secured tracts of land in Angola, Ethiopia, Mozambique, Nigeria and Tanzania to grow flowers and vegetables.

Indian companies, backed by government loans, have bought or leased hundreds of thousands of hectares in Ethiopia, Kenya, Madagascar, Senegal and Mozambique, where they are growing rice, sugar cane, maize and lentils to feed their domestic market.

Nowhere is now out of bounds. Sudan, emerging from civil war and mostly bereft of development for a generation, is one of the new hot spots. South Korean companies last year bought 700 000 hectares of northern Sudan for wheat cultivation; the United Arab Emirates have acquired 750 000 hectares and Saudi Arabia last month concluded a 42 000-hectare deal in Nile province.

The government of southern Sudan says many companies are now trying to acquire land. "We have had many requests from many developers. Negotiations are going on," said Peter Chooli, director of water resources and irrigation, in Juba last week. "A Danish group is in discussions with the state and another wants to use land near the Nile."

In one of the most extraordinary deals, buccaneering New York investment firm Jarch Capital, run by a former commodities trader, Philip Heilberg, has leased 800 000 hectares in southern Sudan near Darfur. Heilberg has promised not only to create jobs but also to put 10% or more of his profits back into the local community. But he has been accused by Sudanese of "grabbing" communal land and leading an American attempt to fragment Sudan and exploit its resources.

New colonialism
Devlin Kuyek, a Montreal-based researcher with Grain, said investing in Africa was now seen as a new food supply strategy by many governments. "Rich countries are eyeing Africa not just for a healthy return on capital, but also as an insurance policy. Food shortages and riots in 28 countries in 2008, declining water supplies, climate change and huge population growth have together made land attractive. Africa has the most land and, compared with other continents, is cheap," he said.

"Farmland in sub-Saharan Africa is giving 25% returns a year and new technology can treble crop yields in short time frames," said Susan Payne, chief executive of Emergent Asset Management, a UK investment fund seeking to spend $50-million on African land, which, she said, was attracting governments, corporations, multinationals and other investors. "Agricultural development is not only sustainable, it is our future. If we do not pay great care and attention now to increase food production by over 50% before 2050, we will face serious food shortages globally," she said.

But many of the deals are widely condemned by both Western non-government groups and nationals as "new colonialism", driving people off the land and taking scarce resources away from people.

We met Tegenu Morku, a land agent, in a roadside cafe on his way to the region of Oromia in Ethiopia to find 500 hectares of land for a group of Egyptian investors. They planned to fatten cattle, grow cereals and spices and export as much as possible to Egypt. There had to be water available and he expected the price to be about 15 birr (about $1) per hectare per year -- less than a quarter of the cost of land in Egypt and a tenth of the price of land in Asia.

"The land and labour is cheap and the climate is good here. Everyone -- Saudis, Turks, Chinese, Egyptians -- is looking. The farmers do not like it because they get displaced, but they can find land elsewhere and, besides, they get compensation, equivalent to about 10 years' crop yield," he said.

Man-made famine
Oromia is one of the centres of the African land rush. Haile Hirpa, president of the Oromia studies' association, said last week in a letter of protest to UN Secretary General Ban Ki-moon that India had acquired one million hectares, Djibouti 10 000 hectares, Saudi Arabia 100 000 hectares, and that Egyptian, South Korean, Chinese, Nigerian and other Arab investors were all active in the state.

"This is the new, 21st-century colonisation. The Saudis are enjoying the rice harvest, while the Oromos are dying from man-made famine as we speak," he said.

The Ethiopian government denied the deals were causing hunger and said that the land deals were attracting hundreds of millions of dollars of foreign investments and tens of thousands of jobs. A spokesperson said: "Ethiopia has 74-million hectares of fertile land, of which only 15% is currently in use -- mainly by subsistence farmers. Of the remaining land, only a small percentage -- 3 to 4% -- is offered to foreign investors. Investors are never given land that belongs to Ethiopian farmers. The government also encourages Ethiopians in the diaspora to invest in their homeland. They bring badly needed technology, they offer jobs and training to Ethiopians, they operate in areas where there is suitable land and access to water."

The reality on the ground is different, according to Michael Taylor, a policy specialist at the International Land Coalition. "If land in Africa hasn't been planted, it's probably for a reason. Maybe it's used to graze livestock or deliberately left fallow to prevent nutrient depletion and erosion. Anybody who has seen these areas identified as unused understands that there is no land in Ethiopia that has no owners and users."

Development experts are divided on the benefits of large-scale, intensive farming. Indian ecologist Vandana Shiva said in London last week that large-scale industrial agriculture not only threw people off the land but also required chemicals, pesticides, herbicides, fertilisers, intensive water use, and large-scale transport, storage and distribution which together turned landscapes into enormous mono-cultural plantations.

"We are seeing dispossession on a massive scale. It means less food is available and local people will have less. There will be more conflict and political instability and cultures will be uprooted. The small farmers of Africa are the basis of food security. The food availability of the planet will decline," she says. But Rodney Cooke, director at the UN's International Fund for Agricultural Development, sees potential benefits. "I would avoid the blanket term 'land-grabbing'. Done the right way, these deals can bring benefits for all parties and be a tool for development."

Lorenzo Cotula, senior researcher with the International Institute for Environment and Development, who co-authored a report on African land exchanges with the UN fund last year, found that well-structured deals could guarantee employment, better infrastructures and better crop yields. But badly handled they could cause great harm, especially if local people were excluded from decisions about allocating land and if their land rights were not protected.

Water is also controversial. Local government officers in Ethiopia told the Observer that foreign companies that set up flower farms and other large intensive farms were not being charged for water. "We would like to, but the deal is made by central government," said one. In Awassa, the al-Amouni farm uses as much water a year as 100 000 Ethiopians. - guardian.co.uk © Guardian News and Media 2010

http://www.mg.co.za/article/2010-03-07-food-water-driving-21stcentury-african-land-grab